Tanguy Viel – Article 353 du Code Pénal

Martial Kermeur a tué Antoine Lazenec. Il l’a fait passer par dessus bord de son Merry Fisher. Alors qu’il ramène le bateau au port, Martial se fait arrêter par la police qui l’amène au juge.

C’est là que le roman débute, et quant au contenu, on n’oserait en dévoiler d’avantage. Il faudra moins de 200 pages pour que Tanguy Viel nous retrace les faits qui ont menés à ce sordide destin. Et des faits, il y en aura. Il sera question de projets immobiliers démesurées, de choix politiques, d’investissement de primes de licenciement, d’indépendance de la justice, mais aussi et surtout de tous les drames intimes collatéraux.

Et après ça, il y a eu comme un silence entre nous, le juge et moi, comme si on avait eu envie de réfléchir un instant au moyen d’endiguer ça, non pas les évènements eux-mêmes (…) mais notre écœurement dans le ciel gris de la fenêtre.

Tanguy Viel : Article 353 du code pénal

Si ce roman laisse pantois, c’est non seulement pour son style oral parfaitement maitrisé, pour l’agencement inexorable des faits qui nous sont contés, mais également pour sa narration de grand taiseux. En effet, Kermeur n’est pas homme de mots et c’est pourtant suspendu à ses lèvres que le lecteur finit le roman sans avoir jamais réussi à le reposer.

Et après l’avoir terminé, une dernière question reste en tête : comment, diable, l’auteur a-t-il pu faire tenir autant d’histoires en 168 pages ? Nous n’aurons pas la réponse. Mais quant au livre, vous devriez le trouver aux Passeurs de Mots.

Crédit Photographique : Photo by Tingey Injury Law Firm on Unsplash

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